Comment mieux commencer ce blog que par un post sur le ô-combien-trendy Café de la Presse,
qui, outre ses qualités culinaires incontestables, présente l'énorme
avantage d'avoir élu domicile dans ma rue, environ un an après
notre emménagement. A l'origine, je me souviens avoir regardé ce nouvel
établissement avec une certaine incrédulité - mis à part un ou deux bons
libanais et quelques italiens sans plus, le quartier de la Bascule
reste étonnamment pauvre en restaurants (cela pourrait faire l'objet
d'un post prochainement). Une paire d'années après, on ne peut que se
féliciter du succès de cet excellent établissement, dont on notera qu'il
est cependant un café de jour (fermeture à 19h, business model
oblige).
Il est d'ailleurs assez difficile de définir le core market du café de la presse. Les plats disponibles la semaine semblent assez proches de que peut faire une chaîne comme Exquis en ce qui concerne le salé, et se révèlent être dans leur catégorie les plus goûteux de Bruxelles - salades (vraiment) fraîches, quiches maisons, sandwiches, taboulés, soupes, bagels, etc.. Le tout à un prix tout à fait comparable aux autres enseignes visant le travailleur/walking boy/girl en pause dej' dans le coin.On notera par ailleurs que le propriétaire n'est autre que François Lafontaine, qui gère aussi "Coffee Company" (et a aussi crée les apéros urbains, merci à lui).
Coté sucré, c'est un peu le paradis des dames, avec notamment les sacro-saints cupcakes (préparés par Lilicup) - dont j'ai tendance à considérer que même s'ils sont tout à fait comestibles, ils illustrent aussi une société plus portée sur l'apparence que sur le goût - en passant par les cheesecakes, ou plus simplement les brownies/cookies de type "démoniaque", bref ce genre de choses que nous avons du mal à appréhender, nous les hommes. On retrouve donc un petit coté Starbucks, accentué par les différents types de cafés disponibles. Et on retrouve souvent ce schéma diététiquement douteux des clientes (et oui, presque uniquement les femmes) prenant un plat salé "sain" (une soupe par exemple) pour terminer sur un Double-Whooper-Chocolate-Cheesecake-Con-Lecce à 2,000 calories la bouchée.
Ce coté new-yorkais se retrouve d'ailleurs indiscutablement chez la clientèle jeune, branchée, sympathique, bien sapée, qui sirote un café tout en lisant les blogs culinaires depuis leur IPad, avec le bébé sur les genous. A noter que le café ouvre dès 7h30 le matin.
Vient ensuite l'excellentissime brunch du Café de la Presse le dimanche. La formule vient d'être légèrelement revue (14€ pour 4 plats, 16€ pour 6), ce qui est assez heureux mais semble résulter en une logique implacable: 4 plats pour les filles, 6 pour les garçons (5 pour ces messieurs qui se sont fait avoir).
Les plats concoctés par le fort sympathique Chef (il vous sert lui-même, les curieux pourront aller voir la minuscule cuisine à coté du café) valent les quelques minutes de files, quasi-permanentes pendant le "rush hour" du dimanche. On trouve des classiques du brunch anglais (scrambled eggs, bacon, saucisses, pommes de terre, le tout très bien cuisiné), des quiches goûteuses, une grande variété de salades (grecques, melon/parme, taboulés...), de desserts sucrés (gaufres, crêpes) et quelques plats décadents, tel ce hot dog dans du pain au lait. Tout est de bonne qualité, et presque tous les plats ont une petite dose d'originalité qui fait la différence. Vraiment une belle performance d'ensemble que d'arriver à garantir une telle variété et un niveau constant de qualité. Seul bémol: bien qu'un jus d'orange soit inclus dans le prix, il faut payer pour le café - illustration que le Café de la Presse n'échappe pas non plus à la logique mondiale des boissons arrondisseuses de marges. En revanche, pains au chocolat/croissants et pain (tout court) à volonté et en libre-service. Et globalement, un rapport qualité/prix presque imbattable sur ce crénau!
Finalement, la seule chose que l'on en vient à regretter est l'horaire relativement conservateur du Café de la Presse - n’espérez pas prendre l'apéro là bas, je ne suis même pas certain qu'ils servent de l'alcool. Même s'il est clair que les propriétaires semblent viser un certain public (travailleurs en semaine le midi; flâneurs branchouilles la journée; public élargi allant au Bois de La Cambre le week-end), on aimerait avoir de temps à autres des soirées spéciales - pourquoi pas des dégustations de vin, concerts ou cours de cuisine? (mais SVP, pas un atelier création de cupcakes, ma femme risquerait d'y aller!)
Le Café de La Presse - 493, Avenue Louise - 1050 Bruxelles
Photos: Elle

